Le jus de pamplemousse et d'orange peut réduire l'efficacité de médicaments
WASHINGTON (AFP) — Les jus de pamplemousse, d'orange et de pommes pourraient réduire l'absorption de certains médicaments en diminuant fortement leur efficacité, selon une étude de chercheurs canadiens publiée mardi aux Etats-Unis. Depuis plusieurs années le jus de pamplemousse seul était connu pour accroître l'absorption de certains médicaments mais avec le risque de les rendre toxiques, rappellent ces médecins dans un communiqué. Ils ont présenté leurs travaux à la dernière conférence de l'American Chemical Society à Philadelphie (Pennsylvanie, est). Les résultats de leur étude clinique sont une nouvelle raison d'éviter de boire ces jus de fruits avec certains médicaments dont plusieurs sont destinés à maintenir le patient en vie en traitant des cancers, des maladies cardio-vasculaires, des infections, ou pour empêcher le rejet d'un organe transplanté, poursuivent-ils. Il s'agit de l'agent anti-cancéreux toposide, des traitements contre l'hypertension aténolol, céliprolol et talinolol, du médicament empêchant le rejet d'organes implantés, ciclosporine et des antibiotiques ciprofloxacine, levofloxacine et itraconazole. "Dernièrement nous avons découvert que les jus de pamplemousse, d'orange et de pomme diminuaient nettement l'absorption de ces médicaments dans le conduit intestinal", explique le Dr. David Bailey, professeur de pharmacologie clinique à l'université Western Ontario, au Canada, et principal auteur de cette recherche. "Le danger est la perte d'efficacité de ces traitements pour des problèmes médicaux sérieux", ajoute-t-il. Le Dr Bailey a tout d'abord étudié les effets de ces jus de fruits sur un groupe de volontaires en bonne santé prenant l'anti-histaminique fexofénadine. Ces sujets prenaient ce médicament contre les allergies avec de l'eau ou un un verre de jus de pamplemousse. Les volontaires ayant pris du fexofénadine avec du jus de pamplemousse n'en ont absorbé que la moitié dans leur organisme comparativement à la totalité chez ceux du groupe témoin ayant bu de l'eau. Si le corps n'absorbe que la moitié de la dose d'un médicament, ses effets peuvent en être nettement limités, relève le Dr. Bailey. Cet essai clinique a montré que la naringine, l'ingrédient actif du pamplemousse, paraît bloquer un vecteur clé de ces médicaments permettant de les faire absorber par l'organisme. Cette substance chimique a une fonction essentielle pour acheminer les molécules actives de ces médicaments du petit intestin au système circulatoire. En revanche, le jus de pamplemousse bloque un enzyme dit CYP3A4 dans d'autres médicaments comme des anti-cholestérols les rendant potentiellement toxiques. Cet enzyme permet normalement de métaboliser ces médicaments dans l'organisme. Le Dr Bailey avait découvert il y a près de vingt ans que la consommation de jus de pamplemousse ou le fruit lui-même peut dangereusement accroître les effets du félodipine, un traitement contre l'hypertension artérielle. Depuis d'autres recherches ont identifié près de 50 médicaments avec lesquels le pamplemousse peut avoir les mêmes effets. Ces risques sont indiqués sur les étiquettes de ces médicaments.
L'eau et le sel pour les insuffisants rénaux
Chantal STIEBLER Diététicienne en néphrologie au CHU Bichat, accepte pour Rein-échos de faire une synthèse sur :
L’eau 
L’eau représente 70% du poids du corps d’un adulte bien portant.
Rôle :
- Dans les cellules elle permet les échanges osmotiques, et l’action des enzymes.
- C’est un constituant du milieu intérieur : sang, lymphe où elle véhicule les substances nutritives aux tissus et les déchets aux reins.
Les pertes :
- Se font sous forme de vapeur par les poumons. - Par la perspiration et la transpiration par la peau. - Une petite quantité est rejetée par les matières fécales. - Par le rein chez le bien-portant. Oligoanurie : faible quantité d’urines. Anurie : absence d’urines. Les apports alimentaires : Ils doivent couvrir les besoins qui sont , pour un bien portant, d’environ 40 ml/kg/j.
- L ‘eau de constitution des aliments, par exemple :
- les fruits et légumes = 80 à 90% d’eau ;
- la viande : 60% d’eau ;
- le pain : 40 % d’eau.
- Les boissons : eaux, lait, jus de fruits, tisanes ; café ; vin…potage et bouillon.
L’hémodialyse Très souvent, après un certain nombre de séances d’hémodialyse, le patient urine moins, voire même n’urine plus du tout (anurie). Il est donc nécessaire de diminuer la quantité de liquides bues pour éviter une surcharge hydrosodée (oedèmes..).
Dans l’idéal, la prise de poids entre 2 séances ne doit pas dépasser 2,5 Kg. La quantité de liquides autorisée est égale au volume correspondant de la diurèse + 500 cc/j. Un patient urinant 750 ml/24h pourra donc consommer 750 + 500 soit 1250 ml (= 1,250 l/j). A noter, qu’il est toléré 750 ml/j de liquide pour un patient totalement anurique. Le poids entre deux séances d’HD représente du poids de « liquide ».
Quand le néphrologue ou l’infirmier à votre arrivée en HD vous dit que vous avez pris trop de poids, cela signifie que vous avez consommer trop de liquides par rapport à la capacité du rein à éliminer cette eau. Les patients doivent donc contrôler toute consommation de liquide : eau, lait, thé, café, tisane ; vin et toutes boissons alcoolisées, sans oublier le bouillon et le potage. Pour exemple : 1 verre = 125 ml 1 bol = 250 à 300 ml 1 tasse = 150 à 200 ml 1 tasse à café = 75 ml La prescription de restriction hydrique tient compte de la quantité d’eau de constitution des aliments.
Il est dérangeant de dire à un patient qui a pris trop de poids depuis la dernière séance, qu’il ne faut pas manger de tomate ou de yaourt car trop riche en eau. 100 g de tomate apporte 95g d’eau, 100g de pâtes ou de riz cuit apporte 78 g d’eau. Cette différence de 17g d’eau est dérisoire par rapport à la prise de poids totale. C’est évident bien sûr qu’il ne faut pas consommer trop de fruits et légumes dans la journée. NB :
L’eau de Vichy est considérée comme un médicament en néphrologie.
Elle ne doit être consommée que sur prescription médicale. Recommandations (en ce qui concerne l’eau et le potassium), par jour : - 100g de crudité de légumes ; - une part de salade verte ; - deux fruits ; - une part de 200g de légumes cuits ou pomme de terre cuits à l’eau ; - une part de 200g de féculents ( riz, pâtes, semoule : poids cuit) :
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Une calcification. c'est dû a un déséquilibre phosphore-calcium. c'est courant chez les dialyses. les calcifications sont également gênantes en transplantation |
SEL ET INSUFFISANCE RENALE Le rein permet l’élimination du sodium ( sel ) dans les urines. Lors de l’insuffisance rénale chronique, les reins ne peuvent éliminer l’apport alimentaire de sodium. Cette rétention sodée peut être responsable d’une majoration de l’hypertension artérielle voire d’oedèmes. La diminution du sel dans l’alimentation permet de mieux contrôler la tension artérielle et de freiner la destruction du rein. Les apports recommandés en sel sont généralement de 4 à 6 g/jour. Cet apport est à adapter au cas par cas par votre médecin. Il est donc important de connaitre et de limiter les aliments riches en sel : Liste des aliments riches en sel : - sel d’assaisonnement et de cuisson - charcuterie, jambon crû et cuit - crustacés et coquillages - viandes et poissons salés et fumés. - Pain et biscottes salés - Plats cuisinés du commerce ( quiche, pizza, plat du traiteur…) - Toutes les conserves - Biscuits apéritif, chips, olives, cornichons…) - Fromage - Potages et bouillons déshydratés en sachet, en brique ou en cube. - Beurre salé et ½ sel - Eaux minérales gazeuses contenant plus de 50 mg de sodium par litre. Il est à noter que lorsqu’on exclut le sel et les aliments salés, il subsiste tout de même 2 g de sel naturellement dans l’alimentation. Ainsi pour arriver à 4 g de sel par jour, il convient d’ajouter 2 à 4 g de sel sous forme de sel de table ou d’aliments salés à votre convenance.
Voici une liste de quel ques équivalences pour vous aider à gérer vos apports sodés :
1 g de sel est apporté par :
- 1 sachet de 1 g de chlorure de sodium acheté en pharmacie
- 60 g de pain blanc ( ¼ de baguette )
- 75 g de pain de mie soit 4 petites tranches ou 2 grandes tranches
- 1 croissant
- 35 g de corn flakes
- 50 g de jambon de Paris
- 30 g de jambon sec type Bayonne
- 20 g de saucisson soit 2 tranches fines
- 200 g de légumes verts en conserve
- 40 g de crevettes roses cuites
- 100 g de thon au naturel en conserve
- 40 g de fromage ( soit 1/6 de camembert)
- 250 ml de Vichy Celestin
L’utilisation d’épices et d’herbes aromatiques vous permettra de cuisiner sans sel en donnant de la saveur à vos préparations ( ex : poivre, muscade, basilic, thym,laurier…)
Les sels dits « de régime » contiennent du potassium. Ils vous sont donc interdits.
Les trois réseaux de néphrologie organisent des ateliers diététiques animés par des diététiciennes. 3 thèmes sont alors présentés.
Le calendrier et les lieux de ces ateliers sont consultables sur le site www.nephronest.fr ou www.renif.fr.
N’hésitez pas à vous inscrire par téléphone au 01.48.01.93.00 ou par mail à dietetique@renif.fr .
L’importance de la nutrition en hémodialyse
Christian Combe et Philippe Chauveau

Département de Néphrologie du Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux et Association pour l’Utilisation du Rein Artificiel en Aquitaine
Les problèmes nutritionnels sont fréquents dès les stades les plus précoces des maladies rénales chroniques, ils sont exacerbés chez les patients traités par hémodialyse et dialyse péritonéale, et existent également chez les transplantés à un degré moindre. Dans chacune de ces circonstances, les mécanismes responsables de la dénutrition, ses conséquences et son traitement sont différents. Dans cet article, nous nous proposons de détailler les liens entre hémodialyse et état nutritionnel, en donnant quelques conseils pratiques.
La dénutrition chez les patients traités par hémodialyse chronique : état des lieux
La dénutrition est très fréquente chez les patients en hémodialyse, et ce quels que soient les indicateurs utilisés. Une étude française réalisée en 1996 par le Groupe de Recherche sur la Nutrition en Hémodialyse prenant en compte les données de 110 centres, avec plus de 7 000 patients soit près de 30 % de la population des hémodialysés à cette date (1) a montré que la proportion de personnes dénutries allait de 30 à 60% en fonction des critères retenus. Cette dénutrition était plus fréquente notamment chez les patients âgés (2) et les diabétiques (3).
Cette étude a montré que dans la population des dialysés français, les apports en protéines (viande, poisson, produits laitiers) étaient nettement inférieurs aux besoins, il est très probable que les apports en calories l’étaient également, même s’ils n’ont pas pu être mesurés car nécessitant l’intervention dans chaque centre d’une diététicienne. La masse musculaire des patients était réduite par rapport à ce qui pouvait être attendu en fonction de leur âge et sexe, et des indicateurs biologiques de l’état nutritionnel, c’est-à-dire les taux d’albumine et de préalbumine dans le sang étaient fréquemment abaissés.
Le suivi pendant trois ans de plus de 1 600 de ces patients a montré que l’état nutritionnel au départ de l’étude permettait de prédire la survie en hémodialyse (4). Des enquêtes essentiellement américaines avaient déjà montré ce rôle majeur de la nutrition sur le devenir des patients dialysés, il était important de le confirmer en France où les techniques et résultats de la dialyse sont différents. Nous avons plus récemment confirmé, dans une étude menée dans la Communauté Urbaine de Bordeaux (5), l’importance pronostique de la dénutrition, même si les patients dialysés du Sud-Ouest ont des apports en protéines supérieurs de 25% aux patients américains !
Ainsi, la dénutrition est très fréquente chez les patients traités par hémodialyse, et sa présence est un facteur péjoratif à court et moyen terme. Un bon état nutritionnel influence l’espérance de vie et permet de maintenir une meilleure condition physique et psychique pour faire face aux maladies intercurrentes, aux gestes chirurgicaux, voire à une éventuelle transplantation rénale.
Comment dépister la dénutrition ?
L’équipe médicale et paramédicale en charge de l’hémodialyse, ainsi que le médecin traitant et les autres médecins (diabétologue par exemple) s’occupant d’un patient dialysé surveillent son état nutritionnel par des paramètres simples, comme le poids, l’appétit, l’interrogatoire diététique, l’examen clinique, des paramètres biologiques faisant partie du bilan biologique mensuel.
Le patient lui-même doit signaler des difficultés à s’alimenter, qu’elles soient d’origine médicale comme nous les détaillons dans cet article, ou sociales, comme par exemple les personnes âgées vivant seules.
Quels sont les mécanismes qui conduisent à la dénutrition au cours du traitement par hémodialyse ?
De nombreux facteurs concourent à altérer l’état nutritionnel chez les patients traités par hémodialyse, leur importance respective est variable dans le temps et d’une personne à l’autre.
Des apports insuffisants
Comme indiqué plus haut, toutes les enquêtes réalisées chez les dialysés montrent qu’ils ne mangent pas assez, que ce soit en quantité (les apports en calories), ou en qualité (les apports en protéines notamment).
Les recommandations européennes sont d’avoir au minimum 2 100 calories d’apports énergétiques pour un sujet de 60 kg, soit 35 kcal/kg/jour. Plus de 80% des patients ont des apports inférieurs à cette valeur. De même, les apports en protéines d’un sujet de 60 kg doivent être de 72 grammes au minimum (l’équivalent de 360 grammes de viande par jour), soit 1 ,2 g/kg/jour. Plus de 60% des patients ont des apports en protéines inférieurs à ces recommandations.
Les carences d’apports ne concernent pas que les calories et les protéines : en règle générale, les apports en vitamines dites hydrosolubles, c’est-à-dire les vitamines du groupe B notamment (B1, B6, B12) sont insuffisants (6), le déficit en vitamine D est souvent insuffisamment compensé par la supplémentation.
En résumé, il est absolument indispensable lorsque l’on ait traité par hémodialyse de manger à sa faim, voire plus si nécessaire.
L’inflammation chronique
Chez les personnes ayant une maladie rénale chronique, un état inflammatoire généralisé est souvent présent, à un degré très faible qui ne peut être mesuré qu’avec des paramètres très sensibles (dosage dans le sang de la protéine C-réactive – CRP). Cette inflammation est responsable d’une perte de l’appétit, et de phénomènes de consommation des stocks nutritionnels de l’organismes, notamment des protéines. Ainsi, un patient présentant une inflammation chronique ne s’alimente pas assez, et a en plus une perte de ses masses musculaires, sur des durées de plusieurs mois ou années.
Les causes de cette inflammation chronique sont très souvent multiples, certaines méritent d’être individualisées :
- L’abord vasculaire de dialyse peut être la source d’une inflammation occulte, qu’il s’agisse d’une anse ou d’un cathéter discrètement infecté, ou d’un abord ancien thrombosé laissé en place
- Une qualité de l’eau utilisée pour l’hémodialyse insuffisante peut contribuer à une inflammation chronique
- La maladie rénale responsable de l’insuffisance rénale peut être associée à une inflammation chronique, par exemple le lupus érythémateux ou une pyélonéphrite chronique
- Les patients transplantés rénaux qui reviennent en hémodialyse peuvent avoir des problèmes inflammatoires chroniques du fait du rein transplanté qu’ils continuent à rejeter, il est parfois nécessaire de l’enlever............
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