Expression publique offerte par REIN ECHOS NET

 

La parole est donnée régulièrement aux plus atypiques et représentatifs d'entre-nous, pour partager expériences et espoirs. Aujourd'hui à la LRS....

"A Paris comme ailleurs, on nous recommande la marche à pied pour notre santé, à l'initiative de la coulée verte dans le 12eme arrondissement, la municipalité parisienne et la SNCF ne pourraient-elles pas rendre disponible aux parisiens le tracé de la petite ceinture. Soit le plus beau parcours de marche intra muros que l'on pourrait offrir aux parisiens pour les inciter à marché, en l'aménageant comme la coulée verte. Bien mieux et plus réaliste sur la durée que Paris-plage."  Francis S. Paris 14eme

REACTIONS POLITIQUES

On the blog La Mouette Bavarde, irrespectueuse et rieuse, par Henry Moreigne  29 juillet

Le nouveau plan de redressement de la Sécurité sociale épargne médecins et groupes pharmaceutiques

Le 25éme plan de redressement de la sécurité sociale, c’est un peu “cherche 4 milliards d’euros désespérément”. Dans un numéro osé d’attrape-gogos, les ministres de la Santé, Roselyne Bachelot, et du Budget, Eric Woerth, assurent la main sur le cœur qu’aucune mesure du plan de redressement “ne porte sur les assurés”. Mises à contribution assurances et mutuelles ne cachent pourtant pas que la taxation dont elles seront l’objet seront au final répercutées sur les assurés. Les assurés et les salariés. Médecins et laboratoires pharmaceutiques sont singulièrement épargnés.

Si tout le monde partage le diagnostic d’un système de santé à bout de souffle, les moyens choisis par le gouvernement prennent l’allure de pansement sur une jambe de bois. Plus gênant, les efforts demandés semblent inéquitables. Plutôt que de couper dans les prescriptions abusives d’actes ou de médicaments, le gouvernement a fait le choix d’accroître les recettes. Deux mesures se détachent. Dès l’an prochain seront créées une taxe sur le chiffre d’affaires des mutuelles et des assureurs ainsi qu’une contribution patronale sur l’intéressement et la participation des salariés.

Les Mutuelles ? Elles ont les moyens d’absorber ce nouveau prélèvement sans le répercuter sur les assurés a affirmé Roselyne Bachelot sur France Inter ce jour. Faux a aussitôt rétorqué par un communiqué le président de la mutualité française qui a indiqué que les assurés (qui peuvent encore se payer une mutuelle) seront mis à contribution. La ministre de la Santé, a plusieurs fois souligné que depuis quatre ans, les complémentaires santé ont relevé leurs cotisations de 30% et augmenté leurs bénéfices de 25%. « Une bonne santé qui contraste, considère-t-elle, avec les difficultés de l’Assurance maladie. » Roselyne Bachelot pointe sans s’y attaquer, on peut le regretter, à un système mutualiste qui s’est dévoyé au fil du temps et qui assure désormais à ses dirigeants de très confortables revenus dans une logique où le mercantile est bien présent.

Taxer les bénéfices pourquoi pas, mais dans ce cas comment expliquer que le secteur pharmaceutique habitué aux croissances à deux chiffres ne soit en rien inquiété ? Etrange système où ces grands groupes multiplient en toute impunité le lobbyng auprès des prescripteurs par une débauche de cadeaux en tous genres du restaurant au voyage d’agrément sous des prétextes fallacieux. La piste prometteuse du médicament générique qui devait être une source d’importantes économies a été complètement viciée, à l’exemple de ces génériques désormais plus chers que le médicament original.

La perversité vient d’un système libéral ou les revenus (prix du médicament et des actes) sont fixés par l’Etat qui va même jusqu’à garantir l’absence de concurrence à travers les numerus clausus dans les facultés. L’exercice touche aujourd’hui ses limites. Il faudra bien à un moment donné basculer dans un système ou un autre. Soit fonctionnariser l’essentiel des acteurs, soit assurer les conditions d’une réelle concurrence profitable aux comptes sociaux et à des patients confrontés à un pouvoir d’achat en baisse.

S’il est en effet un secteur qui illustre parfaitement le principe « mutualisation des pertes, privatisation des recettes », c’est bien celui de la santé. Dans une logique clientéliste les derniers gouvernements ont largement contribué à la revalorisation des revenus des médecins.

Selon un rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie, en 14 ans, le revenu des médecins spécialistes a progressé trois fois plus que celui des salariés et celui des généralistes 2,5 fois plus.

Le 20 janvier dernier, le quotidien Le Parisien s’attardait sur le contenu de cette note qui aurait du rester confidentielle. « Au final, en 2004, un généraliste gagnait en moyenne 63.000 euros net par an (5.250 euros par mois) tandis qu’un spécialistes émargeait à 108.000 euros net (9.000 euros par mois) », concluait le quotidien. Les dépenses communes des uns sont les revenus des autres. Depuis 2002 le tarif des consultations des généralistes a été relevé plusieurs fois passant de 17,53 euros à 21 euros soit une envolée de près de 20% en quatre ans même si, il est vrai elles n’avaient pas été revalorisées depuis avril 1998. En février a été négocié le passage de la consultation de 21 à 23 euros, officiellement conditionné par des engagements sur la maîtrise des prescriptions. Un coup de pouce évalué à la modique somme de 600 millions d’euros par an, qui génèrerait, toujours selon Le Parisien « pour chaque blouse blanche, un bonus net de 633 euros par mois, et une nouvelle hausse salariale de 12% ».

Il ne s’agit pas de stigmatiser une profession mais d‘arriver à un effort partagé et équitable pour sauvegarder un système de protection sociale que les autres pays nous envient. Pharmacienne de profession, Roselyne Bachelot, prisonnière d’un système où l’assuré-contribuable est une formidable vache à lait pouvait-elle mettre un coup de pied dans la fourmilière ? Elle vient de prouver que non.

http://lamouette.blog.lemonde.fr/2008/07/29/le-nouveau-plan-de-redressement-de-la-securite-sociale-epargne-medecins-et-groupes-pharmaceutiques/ 

30 juillet 2008 L’Humanité Editorial par Jean-Paul Piérot

Les anti-Croizat
Avec une incroyable légèreté, Roselyne Bachelot rétorquait, hier matin, au micro de France Inter, à un interlocuteur s’inquiétant des risques de répercussions de la taxe réclamée aux organismes de complémentaire santé sur les cotisations des assurés sociaux : « Si les tarifs augmentent, changez d’assureur. » La candeur de la ministre de la Santé n’était qu’apparente : la loi de la concurrence s’immisce dans le débat sur le financement de la Sécurité sociale. Et appelons un chat un chat, qui dit concurrence pense déjà privatisation. C’est un mouvement subreptice, non avoué, mais il suffit d’assembler les pièces du puzzle, de prendre un peu de recul pour distinguer ce qui se dessine. Les pièces du puzzle, ce sont les franchises médicales, « franchise » encore un mot emprunté au vocabulaire des assureurs, qui ne sont rien d’autre qu’une taxe sur le fait d’être malade. Ce sont aussi les vagues successives de déremboursements de médicaments. Énorme imposture, au demeurant, car si l’efficacité de certains médicaments est contestée au point qu’on arrête de les rembourser, on comprend pourquoi ceux-ci restent sur les étals des pharmacies au tarif plein. Ajoutons au tableau noir les dépassements d’honoraires, le forfait hospitalier… Petit à petit, entaille après entaille, le tronc de la protection sociale qui garantit le droit à la santé s’étiole, laissant de plus en plus d’espace à la marchandisation.

Sans doute les conseillers en communication du gouvernement pensent avoir réussi un bon coup. Dans un premier temps, on annonce de manière tonitruante que l’on s’apprête à supprimer la prise en charge d’une partie des prestations remboursées à 100 % pour les affections de longue durée (ALD), les pathologies lourdes (cancer, diabète, sida…). L’indignation est à son comble, l’iniquité révulse… Ballon d’essai ? Tactique d’affolement ? Le projet est retiré. Et finalement, Roselyne Bachelot tente aujourd’hui de faire croire que l’assuré social n’est pas frappé par le nouveau train de rigueur sur l’assurance maladie. On voit mal comment les mutuelles pourront supporter la charge. Le saucissonnage de l’assurance maladie, que dénoncent les associations de malades, vise à augmenter progressivement la participation du privé.

Faites de la politique, dit souvent Nicolas Sarkozy à ses ministres. L’objectif n’est-il pas de faire avancer l’idée que la France d’aujourd’hui n’a pas les moyens d’assurer socialement un haut niveau de protection ? Une bataille idéologique contre le modèle social issu de 1945 est en cours. D’une certaine manière, l’équipe Sarkozy, Fillon, Bachelot, Woerth, c’est l’anti-Croizat. Le ministre communiste, père de la Sécurité sociale, a réussi à réaliser ce qui apparaissait une utopie inaccessible - le droit aux soins et à une retraite pour tous - à une époque où la France ne s’était pas encore relevée des ruines de la Seconde Guerre mondiale. Ces droits aujourd’hui, dans une France infiniment plus riche, l’UMP les conteste en invoquant le manque de moyens financiers. Or ce que montre précisément l’œuvre de Croizat, à la Libération, c’est que les investissements sociaux dans la santé, comme dans les autres secteurs de l’épanouissement humains, ne sont pas des charges mais des atouts pour le développement de la société. Encore faut-il se donner les moyens, ou plutôt mobiliser ceux qui existent. Et ils ne manquent pas : la fin des exonérations sociales des entreprises (32,4 milliards en 2008), la mise à contribution des placements financiers qui rapporterait 20 milliards par an à la Sécu. Les exonérations des stock-options avaient fait perdre trois milliards d’euros à la Sécurité sociale sur l’exercice 2005, avait chiffré, l’an dernier, Philippe Séguin, président de la Cour des comptes. Telle est la réalité des chiffres que l’on vous cache derrière les tours de passe-passe et les grosses manœuvres du gouvernement.

http://www.humanite.fr/2008-07-30_Politique_Les-anti-Croizat

SROS IRC (Schéma Régional d'Organisation Sanitaire, volet IRC)

Face à des objectifs quantifiés de répartition des modes de dialyse, les régions sont invitées depuis quelques années déjà à pousser les patients vers les formes de dialyse les moins coûteuses.

L'embêtant est de parler du libre choix des patients, lorsque dans le même temps on les entraîne à aller économiquement à l'encontre de leur choix, voir de leurs intérêts. Parfois juste pour une compétition de région à région. Une politique de quotas s'instaure qui concerne le patient, les économies ne pouvant se faire qu'à son encontre et non sur la globalité des soins et quelques abus constatés. La Cnam met-elle souvent les pieds dans les centres de dialyse, pour juger de ce qui est bon pour ses assurés ?

Le pire est que cela concerne les dialysés qui dans leur majorité ont l'âge de la retraite et ont donc cotisé à un régime de sécurité social, auquel ils ont confié une partie de leur salaire chaque mois, et leur sort à une entité qui ne les défend pas ou très mal. Le malade - assuré social à au moins le droit à se faire entendre de sa tutelle, la caisse régionale d'assurances maladies (une sorte de banque qui gère les comptes des assurés sociaux de génération en génération), de lui demander des comptes sur ses choix pour sa gestion, surtout lorsque celle-ci semble aler à l'encontre des intérêts des malades (ses clients).

Il est vrai que dans les différents SROS régionaux, ce ne sont pas suffisamment les représentants des malades qui veillent au grain, le pannel des décideurs est alors trop souvent et exclusivement médical. Pannel qui alors pense ce qui est bon pour le malade, sans même lui poser question. Ce n'est pas par un hasard tout de même si la majorité des patients optent pour l'hémodialyse en centre, sous surveillance médicale et cela malgré l'insistance, lourde parfois, à leur faire choisir d'autres modes de dialyse. Vouloir rendre autonome, à tout prix, des malades dialysés, qui ont en majorité plus de 60 ans et des pathologies qui demandent des soins médicaux suivis, c'est un peu abusif, notamment dans les grandes villes. L'autodialyse simple n'a pas de succès et pour cause, l'hémodialyse à domicile est impraticable en appartement et tombe en désuétude, on ne peut nier les réalités. Le choix implique et impliquera qu'il y en est un réel, concret et tangible entre plusieurs techniques, et adapté à la région, l'âge, les pathologies des patients, si possible à proximité pour éviter des frais de transports. La présence du médecin pendant les dialyses reste le critère de qualité primordial, un personnel soignant qualifié pour bien traiter nos fistules et nous faire de bonnes dialyses, adaptées à notre survie la plus longue possible.

Si il y des économies à faire en IRC, c'est en travaillant en amont sur : l'hygiène de la santé, la prévention et la recherche pour éviter les cascades de mises en dialyse. La dernière intervention de la Caisse d'assurance maladie sur les ALD et certains remboursements confirme que les économies ne sont prévues que sur les malades, payeurs dans ce cas deux fois...en ce qui concerne les chroniques. Un cafouillage gouvernemental qui laissera des traces chez les patients dans tous les cas.

La LRS qui elle se charge (dans ce sens) de l'information des patients et soignants se veut d'ignorer la langue de bois lorsque le système n'est plus cohérent. Chacun peut réagir à ces propos...

La Ligue Rein & Santé apprécie la mobilisation qui aura permis au gouvernement de reculer sur un projet absurde touchant à la fois les malades chroniques et les plus pauvres d'entre nous (ceux qui ne bénéficient pas de mutuelles et déjà pénalisés des injustes franchises médiacles).  Nous sommes tous embarqués dans des problèmes de santé durable et devons rester solidaire. Il reste encore nécessaire d'être vigilant, ne serait-ce que pour le nouveau SROS IRC.  LRS 27.06.08

Cela n'est pas fini : D'autant que la mission d'évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale de l'Assemblée nationale prépare pour la rentrée un rapport sur les ALD qui devrait peser lourd. A l'instar de la Haute Autorité de santé (lire ci-dessous), le rapporteur, Jean-Pierre Door (UMP), estime qu'une réforme d'ampleur est impérative et que « la meilleure solution consiste à mettre en oeuvre le bouclier sanitaire » défendu, notamment, par Martin Hirsch. Le projet prévoit qu'au-delà d'un plafond de dépense annuelle, qui varie en fonction du revenu, la dépense est entièrement prise en charge par l'assurance-maladie. Le régime à 100 % des ALD n'aurait dès lors plus de raison d'être, et tous les assurés auraient le même taux de remboursement, quelle que soit la pathologie. « C'est plus d'équité et c'est une simplification complète du système actuel où les participations financières demandées aux assurés se sont multipliées », justifie le rapporteur, pour qui la polémique survenue la semaine dernière démontre que le régime des ALD est très difficilement réformable par petites touches. « Ce régime est à bout de souffle et crée des différences de traitement difficilement justifiables », ajoute le parlementaire, qui souligne que 5 % des personnes continuent d'avoir des dépenses de santé restant à leur charge « supérieures à 70 euros par mois », soit parce qu'elles ne bénéficient pas du régime ALD, soit parce que certains soins ne sont pas liés à la pathologie justifiant la prise en charge à 100 %. http://www.lesechos.fr/info/sante/4746958.htm


 


Et si vous preniez vous même la parole et que nous insérerions votre texte ici...?

Le droit au savoir pour tous interpelle, il faut une éducation au raisonnement pour "adapter la société à sa créativité galopante" (écrivent Charpak et Omnès) et pour une véritable approche du réel. Apprenons à réfléchir à discuter ensemble et surtout apprenons également à penser par nous-mêmes. Il nous faut découvrir et acquérir comme des enfants des concepts fondamentaux. Nous avons besoin du savoir de la médecine et de mettre "la main à la pâte", pour comprendre et agir intelligemment dans ce monde en mouvement.

Condorcet disait : "du peuple, par le peuple et pour le peuple", nous disons à notre tour "du malade, par le malade et pour le malade", prenons, avec la science qui avance à grand pas, notre vie en main...

LIBE 31.01.08 : INTERNET «Le pouvoir à tous»
Frédéric Couchet, Association pour la promotion et la recherche en informatique libre

«Mai 68 entendait mettre l’imagination au pouvoir. Comme le mouvement du libre dans l’informatique et, plus généralement, le contrôle du savoir. Contre une économie de la rente et du monopole qui fige l’innovation, le logiciel libre pour lequel nous militons à l’April (Association pour la promotion et la recherche en informatique libre) entend libérer le savoir et abolir les barrières technologiques et juridiques dans lesquelles certains essaient de le cantonner. La barrière entre producteur et consommateur disparaît, puisque chacun dispose du logiciel mais aussi de sa recette de fabrication, avec la possibilité d’y apporter sa touche personnelle.

Dans l’open source, le pouvoir appartient à tous, et plus seulement à quelques-uns. Le logiciel libre démocratise le savoir en évitant son appropriation exclusive par des multinationales. Le monde du libre induit aussi un changement culturel très profond dans la manière de travailler. A un modèle hiérarchique et fermé opérant en vase clos, le logiciel libre substitue un modèle communautaire, fondé sur la coopération et le partage. Ce n’est pas un hasard si le boom du logiciel libre est allé de pair avec la démocratisation d’Internet. La fantastique croissance de ce réseau mondial a permis une diffusion archi-simplifiée du savoir. On le voit avec un site comme l’encyclopédie libre Wikipedia, qui a permis à des gens issus de la planète entière de travailler ensemble. C’est l’utopie soixante-huitarde du libre devenue en partie une réalité.»

La  lettre aux autorités d'un jeune dialysé :

Paris, le 17 décembre 2006

Monsieur le ministre de la Santé,

Mr et Mme le/la candidat(e) à l’élection présidentielle,

Mr le député,

Mme la sénatrice,

Je vous adresse cette lettre pour vous faire part de mon expérience sur l’organisation des soins liés à l’insuffisance rénale en France et plus généralement sur l’état d’esprit qui y est associé.

Suite à un cancer à l’âge de 9 mois, j’ai passé une bonne partie de mon enfance dans les hôpitaux parisiens. Je vous passe les détails de mon histoire médicale qui ne manque pourtant pas d’intérêt … en France il est très mal vu de vouloir sortir de son « rôle » de malade en cherchant à faire des études ou à travailler ! J’ai malgré tout réussi à me construire une vie. Après Math Sup et Math Spé, j’ai intégré Supélec, une grande école d’ingénieur, puis je suis allé terminer mes études à Atlanta aux état-unis. Aujourd’hui, je travaille en tant qu’ingénieur chercheur pour la division recherche et développement d’EDF.

Depuis 2003, je suis dialysé, c’est-à-dire que je dois me rendre dans un centre de dialyse 3 fois par semaine pendant 4 heures pour me faire épurer le sang. C’est cette expérience de dialysé que je voudrais vous faire partager…

Pour commencer, je souhaiterais vous raconter le cas très concret de mon dernier déplacement professionnel. En tant qu’ingénieur EDF, dans le domaine nucléaire, je suis amené à me déplacer dans les diverses centrales. Je devais donc partir une semaine à la centrale de Belleville à la limite du cher et de la nièvre. Deux mois avant la date je me suis mis en quête d’une dialyse le soir me permettant de faire mon travail pendant la journée (je rêvais encore….). J’ai commencé par appeler les centres les plus proches de la centrale puis j’ai tenté de plus en plus loin jusqu’à 100 kilomètres à la ronde, évidemment les dialyses le soir n’existent pas dans la région, mais il n’y avait pas non plus de place dans la journée. La réponse était unanime : « Nous n’avons pas de places libres », « Nous dialysons les personnes âgées, elles ne se déplacent jamais, il n’y a donc jamais de places libres ». Lorsque j’ai osé contester et dire que ce n’était pas possible, qu’il y avais aussi des jeunes et des gens qui travaillent », la réponse était là encore unanime: « Non, nous n’avons pas de jeunes ici, et les personnes sous dialyse ne travaillent pas ». Devant tant de mauvaise volonté et de manque d’organisation, je comprends que la plupart des malades renonce à travailler…

En faisant intervenir mon néphrologue (pour un collègue on trouve toujours plus de solution que pour un patient…), je trouve finalement un centre à 50km. La sécu payera le trajet en taxi…la mauvaise organisation des centres de dialyse génèrent des surcoûts gargantuesques pour la sécu mais personne ne trouve rien à redire.

La plupart des jeunes dialysés aimerait vivre une vie normale, avoir un salaire et non se contenter des aides qui leur sont allouées (AAH, APL,…), mais avec une telle rigidité d’horaire de la part des centres de dialyse, c’est mission impossible ! D’autant plus que dés que vous touchez un salaire même légèrement supérieur à l’AAH celle-ci est supprimée. Autant dire que peu de malades ont intérêt financièrement à chercher du travail…ne pourrait-on pas plutôt supprimer les aides de façon dégressive selon le niveau de rémunération …

Les personnes en charge de ce type de décision utilisent la moindre occasion pour fermer des séances du soir. Ainsi l’Article D. 712-146 du Décret n° 2002-1198 spécifie que dans « l'unité d'autodialyse assistée, un poste d'hémodialyse ne peut servir qu'à deux patients par jour au maximum, afin de leur permettre d'effectuer des séances plus longues selon le choix de ces patients ou sur indication médicale». Dans certaines régions cette clause a été interprétée comme « puisqu’on ne peut avoir que 2 séances par jour, il faut fermer celles du soir étant donné que ce sont celles qui coûtent le plus cher » ….tant pis pour les malades qui travaillent pendant la journée. Une règle dont l’esprit était de faciliter la vie du patient en lui permettant de faire de plus longue séance, n’a finalement servi qu’à nuire à beaucoup d’entre eux…

Les fermetures des centres de dialyse du soir ou de nuit se multiplient alors que se sont les seules à permettre aux dialysés de travailler normalement. Certes le coût d’une infirmière le soir est plus élevé qu’en journée mais si on considère le coût des 3 arrêts de travail d’une demi-journée par semaine financé par la sécu, où est l’économie ? Sans parler du message envoyé aux malades : « restez chez vous, survivez avec votre alloc et surtout ne travaillez pas ! ». Pensez-vous de cette situation ? L’intégration des personnes handicapées, thème si porteur dans les discours politiques, ne commence-t-elle pas par la possibilité de trouver un travail, premier vecteur de l’intégration sociale ?

La législation a également prévu différents types de centre de dialyse selon le degré d’autonomie des patients. Malheureusement, il n’y a pas assez de centre d’autodialyse en France et comme je vous l’ai dit plus haut de moins en moins de séance le soir. Hors la législation prévoit qu’un centre d’autodialyse ne « peut accueillir que des patients habituellement (…) en autodialyse. » . Cette règle a pour but de répartir les patients selon leur autonomie sauf qu’elle est complètement biaisée par le fait que les patients ne sont en rien répartis selon leurs degrés d’autonomie mais selon les places disponibles…

De la même façon, la législation a prévu des centres d’autodialyse dit « simple » dans lesquels « un générateur est attribué, sans partage, à chaque patient afin d'assurer à ce dernier une large amplitude d'horaire pour effectuer son traitement » . Bref, le paradis du dialysé…sauf que ce type de centre n’existe pratiquement pas en France.

Puis-je me permettre de vous suggérer une solution. Si la législation imposait au niveau de chaque département la création d’au moins un centre de dialyses offrant des séances le soir, chaque malade aurait la possibilité de trouver du travail et ainsi de ne plus être un handicapé à charge mais un travailleur qui cotiserait aux retraites et à la sécu.

Les associations de malade font ce qu’elles peuvent pour faire évoluer les choses…mais les habitudes ne changent pas facilement.

Dans ce tableau noir, je voudrais dire un grand merci au centre d’autodialyse de Nevers, qui malgré les difficultés a toujours fait son possible pour me permettre de passer les fêtes en famille.

Je ne sais pas si cet article apportera quelque chose à la cause des dialysés mais j’aurais au moins mis au grand jour les difficultés que nous rencontrons et toutes les aberrations que cela implique pour notre société. J’estimais de mon devoir de vous informer de cette situation pour tenter de faire évoluer les choses.

Je vous remercie par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à ma lettre.

Cordialement

O...... P......

Décret n° 2002-1197 du 23 septembre 2002 - Article R. 712-101

« Si l'établissement est autorisé pour l'hémodialyse en unité d'autodialyse, l'unité saisonnière ne peut accueillir que des patients habituellement hémodialysés à domicile ou en autodialyse. »

Décret n° 2002-1198 du 23 septembre 2002 - Article D. 712-146

« Dans l'unité d'autodialyse simple, un générateur est attribué, sans partage, à chaque patient afin d'assurer à ce dernier une large amplitude d'horaire pour effectuer son traitement. »

Coûteux et pas forcément équitable, le régime des affections de longue durée concerne 7,4 millions de patients, qui y sont très attachés.

« CE DISPOSITIF est condamné », prophétise un responsable du monde de la santé,
au sujet du système des affections de longue durée (ALD).
On n'en est pas encore là. Mais les voix se multiplient pour souligner la nécessité de réfléchir à l'avenir de ce régime qui exonère les personnes atteintes d'une maladie longue et coûteuse, de tout ticket modérateur. Autrement dit, qui rembourse à 100 %
les soins de ces patients atteints de diabète, d'hypertension, de cancer, du sida, d'Alzheimer, de Parkinson ou encore d'une maladie psychiatrique chronique ou d'une cirrhose.

Les affections de longue durée (ALD) représenteront 70% des remboursements en 2015, contre 60% actuellement.

Le régime des ALD, extrêmement coûteux, n'est pas toujours équitable. Les critères d'admission dans la liste des 30 maladies concernées ne sont pas appliqués avec la même rigueur par tous les médecins. Et certains assurés frappés par une maladie « hors liste » peuvent sortir de leur poche des sommes importantes. De même certains patients en ALD ont des « reste à charge » élevés pour des soins sans lien avec leur longue maladie et donc non remboursés à 100 %.


Au Canada seulement, mais pas de ça chez nous :

La publicité pour les médicaments d'ordonnance se joue sur deux fronts : les patients, mais aussi les médecins par l'intermédiaire des revues spécialisées, la commandite d'événements, ou les cadeaux.

Quand Christine Meyers étudiait en médecine à McGill, elle pouvait assister à des conférences à l'heure du dîner pour parfaire sa formation. Le coût des repas était assumé par des compagnies pharmaceutiques, qui offraient le lunch. Très vite, elle a décidé, avec quelques camarades, d'apporter ses propres repas, par principe.

Depuis, elle s'est impliquée dans l'organisme NoFreeLunch.org qui incite les médecins à discerner les conflits d'intérêts lorsqu'on leur propose des cadeaux, et elle donne un cours d'éthique aux étudiants en médecine de l'Université McGill.

«Le pire exemple que j'aie vécu, c'était une conférence-souper pour les urologues, où il n'y avait absolument aucun contenu éducationnel. Tout ce que je voyais, c'était des représentants pharmaceutiques en train de réseauter.

«Beaucoup de médecins ne s'en rendent pas compte, mais ils sont bien influencés par cette publicité. Et celle-ci promet toujours les médicaments les plus nouveaux et les plus chers. Et, dans les faits, ce sont eux qui sont les plus souvent prescrits, même quand un médicament moins cher et aussi efface existe.»

Selon Yves Robert, la situation est quand même contrôlée.

«On ne doit accepter que des cadeaux de nature modeste, de la part d'un tiers ou d'un patient. Concernant les conférences étudiantes du midi, nous sommes la seule province qui a adopté une règle voulant qu'un comité scientifique indépendant détermine le contenu de cette formation continue. Le commanditaire doit s'en tenir à offrir le lunch.»


http://www.cyberpresse.ca/article/20070729/CPACTUEL/707290494/6685/CPACTUEL


Dans l’objectif d’assurer qualité et sûreté des soins prodigués aux patients, il est nécessaire continuer à progresser dans la gestion des dispositifs médicaux. Pendant la période 2000-2002, dans un objectif de reconnaissance professionnelle et de communication vers les autres acteurs hospitaliers, la communauté biomédicale française a édité un guide des bonnes pratiques biomédicales [3]. Ce document constitue une preuve écrite de l’existence, au niveau national, d’une culture professionnelle biomédicale hospitalière mature. Le guide explicite les références minimales de l’activité biomédicale obtenues par un processus consensuel et constitue un référentiel métier.

Dans un objectif d’amélioration continue, il est apparu opportun en 2003 d’élargir le champ de vision professionnel, d’enquêter sur les pratiques biomédicales à l’étranger et d’établir un panorama que cet article présente de manière synthétique.

Cette volonté passe par l’échange d’expériences et l’ouverture à d’autres modes de fonctionnement. En effet, selon les usages de chaque pays, la vision du rôle du service biomédical, et par conséquent son fonctionnement, peuvent être différents.

La connaissance d’organisations distinctes de l’organisation française peut amener à une évolution des pratiques et en toute logique à celle du guide des bonnes pratiques biomédicales français qui a vocation à suivre les modifications du fonctionnement des services biomédicaux.

Afin d’atteindre ces objectifs, grâce à des enjeux et une méthodologie clairement identifiés, une enquête a été menée. Les résultats amènent une réflexion sur la suite à donner à cette phase d’approche et sur le développement d’un projet de création d’un document d’envergure international.
http://www.utc.fr/~farges/dess_tbh/03-04/projets/viard_chateau/viard_chateau.html

"Butinons la vie au quotidien"

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